JIPH – État des lieux

MÉMO-Qc

Montréal, le 3 décembre 2015 – En cette Journée internationale des personnes handicapées, Moelle épinière et motricité Québec (MÉMO-Qc) désire faire le point sur trois dossiers qui touchent directement un très grand nombre de personnes vivant avec un handicap. Bien que les dernières décennies aient été riches en gains sociaux et politiques pour les personnes ayant des limitations, les défis à relever sont encore nombreux et il est essentiel de les identifier pour pouvoir y faire face.

Le maintien et la consolidation de l’expertise québécoise en lésions médullaires malgré l’importante réorganisation du système de santé et des services sociaux, la bonification promise par le gouvernement du budget des contrats d’intégration au travail (CIT) dans le cadre de la Stratégie nationale pour l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées et la fin de la discrimination dans l’octroi de la rente d’invalidité au sein du régime des rentes du Québec sont trois sujets qui nous tiennent particulièrement à cœur.

Un système de santé en plein changement

Une grande réorganisation a lieu actuellement dans le système de santé et de services sociaux au Québec. Nous constatons les défis énormes auxquels sont confrontés les professionnels de la santé et les gestionnaires alors que cette réorganisation arrive après de nombreuses années de compressions budgétaires, notamment dans les centres de réadaptation. C’est dans ce contexte que nous voulons rappeler l’importance de garantir l’accessibilité à des services spécialisés de qualité afin que les personnes ayant une lésion médullaire puissent sortir de ces centres dans le meilleur état de santé physique possible, mais aussi avec des outils solides afin de faire face au retour dans la communauté. Le gouvernement doit prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger et consolider les Centres d’expertises pour les personnes blessées médullaires qui sont, rappelons-nous, des phares de la traumatologie au Québec ayant une reconnaissance internationale.

Des engagements en suspens

Une autre de nos inquiétudes est liée à la Stratégie nationale pour l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées. Durant la première phase de cette Stratégie instaurée en 2008, le gouvernement Charest avait promis une augmentation de 16,4 M$ dans le budget des CIT pour atteindre un montant de 49 M$ au bout de cinq ans (fin 2013). Or, en 2014, le montant investi n’était que de 35,6 M$. Nous demandons donc au gouvernement de respecter ses engagements et nous lui rappelons l’importance de ne pas tarder. Dans le même ordre d’idée, nous incitons le gouvernement à agir dans ce dossier en mettant en branle rapidement la 2e phase de cette Stratégie qui devait commencer l’an dernier.

Nous savons tous que les mesures soutenant l’employabilité des personnes handicapées sont un investissement rentable pour l’État. Rappelons que cette clientèle est sous-représentée sur le marché du travail. Il est donc essentiel de mettre en place sans délai des mesures concrètes pour améliorer l’employabilité des personnes en situation de handicap.

Une discrimination pour la clientèle vieillissante

Il y a un an, presque jour pour jour, MÉMO-Qc publiait un avis ayant pour titre «Régime des rentes du Québec et personnes handicapées: Quand retraite rime avec discrimination (Accessibilité non testée.Ce lien vers un autre site ouvre une nouvelle fenêtre.) ». Ce document que l’on peut télécharger sur notre site Internet fait la démonstration de la discrimination financière vécue après 65 ans par les bénéficiaires de la rente d’invalidité qui reçoivent leur rente entre 60 et 65 ans.

En effet, dans son fonctionnement actuel la Loi sur le régime des rentes du Québec impose une pénalité de 6 % par année (30 % sur 5 ans — laquelle atteindra 36 % en 2018, applicable à 65 ans) pour les personnes qui décident de prendre leur rente régulière à 60 ans au lieu de 65 ans. Or, lorsque l’on fait subir cette même pénalité aux bénéficiaires de la rente d’invalidité au sens strict de sa description, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas choisi le moment de devenir handicapés et qui ne peuvent cesser de l’être entre 60 et 65 ans, cela devient manifestement une discrimination.

Bien que compensée en partie par le supplément du revenu garanti du gouvernement fédéral, la rente reçue demeure incomplète et, dans plusieurs cas, le bénéficiaire doit assumer l’ensemble de la pénalité.

Pour nous, il est inacceptable de considérer l’invalidité au même titre qu’une retraite anticipée. Nous sommes bien évidemment favorables à la mise en place de programmes de solidarité pour les travailleurs vieillissants, mais ceux-ci ne peuvent être mis en place au détriment d’une part vulnérable de la population. Soulignons par ailleurs que cette situation étant unique au Québec, la pénalité ne s’applique pas dans le reste du Canada aux personnes handicapées concernées. MÉMO-Qc estime donc qu’il est nécessaire, par souci d’équité, de modifier les dispositions en place afin d’éviter de pénaliser les personnes handicapées.

MÉMO-Qc est un organisme à but non lucratif qui existe depuis 1946 et dont la mission est de favoriser l’autonomie des personnes handicapées du Québec, tout particulièrement des personnes ayant une lésion à la moelle épinière, de promouvoir et faciliter leur intégration sociale et professionnelle et de défendre leurs droits.

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Source:
Amélie Tremblay, agente de communication, MÉMO-Qc - Tél.: 1-877-341-7272 #229

Renseignements:
Walter Zelaya, directeur général, MÉMO-Qc - Tél.: 1-877-341-7272 #220

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