Retour sur «COVID-19 : des réponses à vos questions»

N-95 en milieu de vie et de soins

Le 23 mars 2021, une décision du Tribunal administratif du travail rend obligatoire le N95 dans tous les milieux de soins en zone tiède ou chaude. Les établissements du réseau de la santé devront « fournir à l’ensemble du personnel intervenant en zone tiède ou en zone chaude auprès d’un résident suspecté ou atteint de la COVID-19 un appareil de protection respiratoire de type N95 ». Selon le juge Philippe Bouvier, les employés de CHSLD, y compris le personnel d’entretien, devraient pouvoir porter des masques de type N95 en tout temps lorsqu’ils sont en contact avec des cas confirmés ou suspectés de COVID-19.

Le 24 mars 2021, la CNESST a annoncé qu’elle rendait aussi obligatoire le port des appareils de protection respiratoire N95, ou supérieurs, pour tous les travailleurs et travailleuses en zone tiède dans tous les milieux de santé.

Recommandations antérieures

Jusqu’au début de 2021, les directives du ministère de la Santé réservaient la protection respiratoire de type N95 ou supérieure aux soignants lors d’interventions médicales générant des aérosols (tel qu’indiqué par exemple dans le Guide des normes sanitaires en milieu de travail pour les installations publiques et privées d’hébergement et de soins pour personnes âgées – COVID-19 de la CNESST).

Depuis le 11 février, la CNESST exige le port d’un appareil de protection respiratoire (APR) de type N95 ou de protection supérieure pour tous les travailleurs et travailleuses de la santé qui œuvrent en milieu de soins dans une zone chaude. Cette annonce s’inscrivait dans la foulée des nouvelles connaissances scientifiques et de l’évolution du contexte de la pandémie, notamment au regard du potentiel infectieux accru des nouveaux variants. Le déploiement de ces masques s’avéraient toutefois chaotiques mi-février. Ces masques, actuellement soumis à des tests d’étanchéité dans les hôpitaux, ont un pourcentage de compatibilité problématique.

Le 28 janvier, le MSSS avait annoncé appuyer la nouvelle recommandation de l’INSPQ concernant le port d’un appareil de protection respiratoire (APR), tel que le N95, lorsqu’une éclosion non contrôlée expose les travailleurs de la santé à des risques de contamination par des aérosols.  Cette recommandation s’applique à tous les milieux de soins et les milieux de vie, par exemple en centre d’hébergement et de soins de longue durée. Soulignons que, jusqu’à maintenant, l’utilisation du masque N95 était réservée uniquement aux interventions médicales générant des aérosols.

Ces décisions font suite à la révision des recommandations du Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) de l’INSPQ en ce qui a trait à la protection des travailleurs de la santé. En effet, après évaluation, le CINQ a conclu qu’une éclosion de COVID-19 non contrôlée peut représenter une situation où la concentration d’aérosols du SRAS-CoV-2 est potentiellement plus élevée selon des critères exposant les travailleurs à davantage de risques. Il est recommandé de mettre en place des mesures de PCI essentielles avant de prendre la décision du port du masque N95. Une directive ministérielle a été élaborée afin d’encadrer l’application de cette nouvelle recommandation.

À noter que dès avril 2020, l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) recommandait, par précaution, que les soignants portent le masque N95 en présence de personnes hospitalisées pour la COVID-19.

À noter :

Consulter le rapport du CINQ.

Petite histoire du débat

Le masque de type N95 est devenu le symbole d’une rupture du lien de confiance entre les travailleurs de la santé et le gouvernement du Québec. Aux lendemains d’un jugement sévère du Tribunal administratif du travail à l’endroit des autorités sanitaires sur cette question, une équipe d’Enquête retrace la bataille souterraine qui s’est jouée au sein de l’appareil gouvernemental autour de cet appareil de protection respiratoire. Lire l’article La bataille du N95.