Retour sur «COVID-19 : des réponses à vos questions»

Pandémie & Épuisement des travailleurs de la santé

Le 5 octobre, l’Association médicale canadienne (AMC) et l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) ont tenu un sommet d’urgence sur la COVID-19 afin de discuter des effets dévastateurs de la pandémie sur le système de santé et les travailleurs de la santé du Canada. Au Québec, constatant que le plan du gouvernement pour ramener des milliers de professionnelles en soins dans le réseau public de santé ne donne pas les résultats escomptés, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) passe à l’action pour que les gestionnaires du réseau de la santé cessent impérativement de recourir au temps supplémentaire obligatoire (TSO) comme outil de gestion.

Sommet pan-canadien

Dans de nombreuses régions du Canada, les hôpitaux sont surchargés, les taux de vaccination stagnent et les mesures de santé publique sont rétablies afin de continuer à limiter la hausse des cas de COVID-19. La quatrième vague de la pandémie prend de l’ampleur, et les travailleurs de la santé vivent l’épuisement professionnel; ils sont démoralisés et exténués alors qu’ils prennent soin des patients. De plus, de nombreux Canadiens et Canadiennes attendent des interventions essentielles qui sont retardées en raison de la hausse des arriérés en chirurgie.

Mardi soir, en réponse à cette crise, l’Association médicale canadienne (AMC) et l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) ont tenu un sommet d’urgence. Il a rassemblé près de 40 organisations de santé nationales et provinciales, comprenant du personnel infirmier et de soutien, des médecins, des psychologues, des représentants d’établissements d’enseignement et d’autres organisations sanitaires.

Pendant la rencontre, les chefs de file du domaine de la santé ont défini des mesures requises à court et à long termes pour endiguer la quatrième vague, diriger une réponse efficace à la COVID-19 et faire en sorte que le système de santé du Canada continue à répondre à la demande, notamment :

  • Prendre des mesures décisives urgentes et à long terme pour répondre aux pénuries de personnel partout au Canada, étudier des enjeux comme le recrutement, le maintien en poste, la charge de travail et la sécurité, et offrir un répit immédiat aux travailleurs dans les endroits plus touchés par la COVID-19.
  • Faire en sorte que tous les ordres de gouvernement – autorités municipales, provinciales, territoriales et fédérales – s’engagent immédiatement à prévenir à tout prix l’effondrement des systèmes de santé en adoptant des mesures de santé publique plus fermes et en permettant aux autorités comme les conseils scolaires d’intervenir afin de protéger la santé des personnes sous leur responsabilité.
  • Offrir un soutien en santé mentale urgent et à long terme aux travailleurs de la santé, qui continuent à œuvrer dans des conditions difficiles afin de soigner les patients et de garder le système de santé à flot.

« Les travailleurs de la santé partout au pays sont plus qu’épuisés, et ils ont besoin de savoir qu’il y a une lumière au bout de ce tunnel interminable. Nous devons tout mettre en œuvre pour instaurer des mesures de santé publique – même celles qui ne sont pas appréciées – afin de répondre le contrôle de la situation. Nous ne pouvons plus demander à nos travailleurs de la santé de porter la totalité du fardeau. » — Dre Katharine Smart, présidente de l’AMC

« Pendant le sommet, des préoccupations et des thèmes communs ont été soulevés sur la façon de soutenir immédiatement les travailleurs de la santé pendant cette crise. Il est clair qu’il faut une intervention à volets multiples qui relève à court terme les défis critiques et qui voit au-delà de la crise de la COVID-19. Bien qu’une collecte de données améliorée et des cadres nationaux de ressources humaines en santé soient requis, cela ne réglera pas les problèmes immédiats. Pour que notre système de santé traverse la quatrième vague, les gouvernements et les organisations sanitaires doivent collaborer de toute urgence pour soutenir nos travailleurs de la santé. Sans eux, il n’y a pas de soins de santé. » — Tim Guest, président de l’AIIC

Visionner la conférence de presse Sommet de groupes médicaux sur l’impact de la COVID-19 – 6 octobre 2021 (bilingue, sans interprétation en langue signée).

Source : ‘Sans les travailleurs de la santé, il n’y a pas de soins de santé’ : dans le cadre d’un sommet d’urgence sur la COVID-19, les chefs de file du domaine de la santé exigent la prise de mesures immédiates.

Pour la fin du TSO

Les infirmières, les infirmières auxiliaires, les inhalothérapeutes et les perfusionnistes cliniques refusent d’être les otages perpétuelles de leur travail. Au cours des prochains jours, la FIQ, et l’ensemble des syndicats affiliés, vont déployer un vaste plan d’action et une campagne de mobilisation sous le thème Le TSO, c’est un assassinat professionnel.

« Le TSO assassine la profession. C’est l’arme qui anéantit tous les efforts de recrutement, compromet la mise en place des ratios sécuritaires dans le réseau, provoque les départs anticipés, cause les arrêts de travail pour épuisement et met la sécurité des patient-e-s à risque. Pire, en gardant prisonnière de leur travail les professionnelles en soins, le TSO impacte sérieusement la vie personnelle et familiale de celles-ci. On ne peut plus tolérer ça comme société et nous sommes déterminées à forcer le gouvernement et tous les acteurs concernés à y mettre un terme définitivement. » – Patrick Guay, vice-président, secteur Relations de travail

La première étape de ce plan sera de faire pression sur les ordres professionnels et la Direction nationale des soins infirmiers (DNSSI) afin qu’ils prennent une position plus ferme sur l’urgence que cesse cette pratique non sécuritaire pour les patient-e-s.

« Au cours des prochains jours, nous mettrons en demeure les ordres professionnels et la DNSSI. Il faut les contraindre à jouer leur rôle de protection envers le public et la protection de leurs membres, en plus de garantir que les soins et services prodigués le sont selon les normes et standards, conformément à leurs obligations légales. Après
16 h consécutives de travail sur l’adrénaline, personne ne peut prétendre offrir des soins et des services de qualité. Le message s’adresse aussi aux gestionnaires du réseau qui n’ont pas à attendre une directive pour appliquer le gros bon sens. » rappelle Patrick Guay.

Source : La FIQ s’engage dans l’ultime bataille contre le TSO.