Retour sur «COVID-19 : des réponses à vos questions»

ABC des vaccins & Suivi des effets indésirables

En bref, les vaccins aident à renforcer le système immunitaire contre une maladie et protègent contre la maladie. Ils apprennent au système immunitaire à reconnaître une situation où des pathogènes à l’origine de maladies, comme les virus, pénètrent dans le corps afin que le système immunitaire soit prêt à se défendre contre eux, en cas de nouvelle exposition. Cette défense, ou réponse immunitaire, comprend la production de protéines spéciales (anticorps) qui aident à détruire l’agent pathogène.

Effet de blocage sur la transmission : La personne vaccinée n’est pas la seule à être protégée : en n’étant pas infectée par le virus elle prévient, indirectement, la contamination d’autres personnes autour d’elle. Si suffisamment de personnes sont immunisées, le niveau de protection indirecte peut constituer une immunité collective (lire l’article, en anglais, Which age group — old or young — should get the COVID-19 vaccine first may depend on timing).

Pour en savoir davantage sur les différents vaccins, les effets secondaires et la vaccination contre la COVID-19, consulter les pages :

Vaccin & Immunité naturelle

L’immunogénicité, ou efficacité de la réponse immunitaire induite, d’un vaccin peut être améliorée de différentes façons. Par exemple, en augmentant la concentration des protéines d’enveloppe virales, un vaccin peut offrir une plus grande immunité que celle développée naturellement en réaction à un agent infectieux. Également, des adjuvants sont ajoutés à la fabrication des vaccins inactivés et synthétiques pour augmenter la réponse immunitaire contre l’antigène microbien contenu dans le vaccin. Ils servent entre autres à donner le signal de danger pour que le système immunitaire soit activé et que le vaccin fonctionne. Finalement, en contrôlant le mode d’administration et la dose, l’immunogénicité peut également être améliorée. La plupart des vaccins sont injectés dans le muscle, même dans le cas de virus respiratoires, induisant une réponse immunitaire plus importante.

Lire l’article Why a vaccine can provide better immunity than an actual infection.

NB : Faire de l’activité physique le jour de l’administration du vaccin et avoir une alimentation riche en fruits et légumes pourrait améliorer son efficacité.

Vaccin & Maintien des mesures sanitaires

Pourquoi est-il est si important de suivre les mesures même après avoir reçu le vaccin contre la COVID-19 ?

  1. Il se peut que le vaccin ne commence à être efficace que 14 jours après son administration. En outre, bien que les deux doses des vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna soient efficaces dans une proportion de 94 à 95 %, 5 à 6 % des personnes qui sont entièrement vaccinées peuvent tout de même présenter des symptômes.
  2. Nous en apprenons encore sur le rôle des vaccins dans la prévention de la transmission du virus. Bien que les données actuelles indiquent que les vaccins contre la COVID-19 empêchent les gens de développer une maladie liée à la COVID-19, les chercheurs continuent d’étudier s’ils empêchent aussi les gens de transmettre le virus à d’autres personnes.
  3. Les mesures de santé publique réduisent actuellement le risque de contracter toutes les souches du virus qui causent la COVID-19. Les médecins hygiénistes en chef des provinces et des territoires et de l’Agence de la santé publique du Canada demeurent profondément préoccupés par les nouveaux variants du virus qui ont été identifiés au Royaume-Uni, au Brésil et en Afrique du Sud et continuent de suivre la situation de près au Canada et à l’étranger. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour protéger les Canadiens, en particulier ceux qui sont les plus vulnérables, en réduisant les risques de mutation du virus (lire l’article Variants : Quelques informations).

Lire le communiqué de l’Agence de la santé publique du Canada : Série d’allocutions de l’ACSP sur les enjeux liés à la COVID-19 : Observation soutenue des mesures de santé publique qui entourent la COVID-19.

Innocuité & Effets secondaires

La section Symptômes après la vaccination de la page Vaccin contre la COVID-19 présente la nature et la fréquence des réactions causées.

L’agence de santé publique du Canada a par ailleurs annoncé qu’elle publiera un rapport hebdomadaire les vendredis sur l’innocuité des vaccins contre la COVID-19, incluant de l’information sur les manifestations cliniques inhabituelles à la suite d’une immunisation (MCI) qui comprennent tous les problèmes de santé qui se produisent après une immunisation, mais qui ne sont pas nécessairement causés par le vaccin. Les manifestations cliniques inhabituelles peuvent aller des manifestations communes et bénignes comme une douleur autour du site d’injection ou une légère fièvre, à des évènements plus graves, comme une réaction allergique importante.

En date du 22 février, plus de 1,45 million de doses des vaccins contre la COVID-19 ont été administrées dans tout le pays. Les autorités fédérales, provinciales et territoriales travaillent en étroite collaboration pour surveiller l’innocuité du vaccin. En date du 12 février, il y avait 957 déclarations d’effets secondaires suivant la vaccination (ESSV), ce qui comprend tout évènement médical qui se produit après l’immunisation, mais qui n’est pas nécessairement lié au vaccin ou au processus d’immunisation. En tout, 140 ESSV ont été déclarés – soit environ 1 déclaration par 9 000 doses administrées – ont été jugés graves, comme une réaction allergique importante. Tous les effets secondaires font l’objet d’un examen; toutefois, tous les effets secondaires graves font l’objet d’un examen approfondi pour déterminer s’ils sont liés ou non à l’utilisation du vaccin. Les données qui indiquent un possible lien entre l’utilisation d’un vaccin est un évènement médical jusque-là inconnu ou un événement médical pour lesquels nous ne disposons que des données incomplètes, est jugé comme étant un signal relatif à l’innocuité qui justifie la prise de mesures appropriées par l’organisme de réglementation. À ce jour, aucun problème inattendu quant à l’innocuité des vaccins a été identifié.

Lire le communiqué Déclaration de l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, le lundi 22 février 2021.

Étude CANVAS-COVID

L’étude CANVAS-COVID vise à déterminer la fréquence des événements indésirables qui surviennent après un vaccin contre la COVID-19. Le réseau de surveillance CANVAS complète le système canadien de surveillance passive de la sécurité vaccinale en fournissant des informations rapides au début de la campagne de vaccination contre la COVID-19.

Cette étude se déroulera dans 6 provinces et territoires : La Colombie-Britannique, l’Alberta, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse, le Yukon et le Québec.

2ème dose (Moderna & Pfizer) – chronologie des recommandations

Le 31 décembre, Québec a décidé de reporter l’administration de la 2ème dose du vaccin pour offrir une protection à un plus grand nombre de personnes.

De nombreux États et Provinces étudient également le délai optimum entre les 2 doses qui permettrait de protéger au mieux l’ensemble de la population, en fonction des doses de vaccins disponibles et de la situation épidémiologique. Pour mieux cerner les enjeux, lire l’article Vaccination – Doit-on retarder la seconde dose ?

L’efficacité de l’administration de la première dose est de 90% au bout de 14 jours, pour les 2 vaccins autorisés au Canada. Pour maintenir cette efficacité, une deuxième dose doit être administrée au bout de 21 jours (3 semaines) pour le vaccin de Pfizer-BioNTech et 28 jours (4 semaines) pour le vaccin de Moderna (lire l’article Québec toujours indécis sur l’administration des deuxièmes doses de vaccin). Les laboratoires ont ainsi indiqué que l’efficacité maximale de leur vaccin n’était pas démontrée si la deuxième injection était retardée et préconisent le respect des recommandations initiales (lire l’article Vaccination : les pharmaceutiques exhortent au respect des recommandations initiales).

Début janvier, l’OMS a déclaré que la deuxième injection du vaccin peut être retardée de quelques semaines dans des « circonstances exceptionnelles de contextes épidémiologiques et de contraintes d’approvisionnement » (lire l’article La 2e dose du vaccin de Pfizer peut être retardée dans certains cas, selon l’OMS).

Mi-janvier, l’Agence de Santé publique du Canada recommande un délai maximal de 42 jours (6 semaines) entre les 2 doses, tout comme l’OMS.

« Ce que le comité fédéral a recommandé, c’est […] d’utiliser idéalement les doses selon les recommandations du manufacturier, mais de permettre quand même un report de la deuxième dose avec une utilisation de préférence dans les six semaines », a expliqué la Dre Caroline Quach, présidente du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) (lire l’article Les deux doses d’un vaccin devraient être administrées à six semaines d’intervalle)

Les autres provinces canadiennes ont décidé d’un calendrier de 21 ou de 28 jours, ou d’aller jusqu’à la limite de 42 jours (lire l’article Vaccin contre la COVID-19 : la roulette russe de la deuxième dose). Au Québec, les experts mandatés recommandent l’administration de la deuxième dose de 42 à 90 jours (de 6 à 13 semaines) après la première dose, même si « après 42 jours, on ne sait pas, on n’a pas de données », selon le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de l’Agence de la santé publique du Canada. Le comité du Royaume-Uni recommande quant à lui un délai de 21 à 84 jours (de 3 à 12 semaines) entre les deux doses (lire l’article Vaccin : Québec vise un maximum de 90 jours entre deux doses). Pour en savoir plus sur les risques liés au délai d’administration de la 2ème dose, lire l’article Québec doit respecter le délai d’injection des vaccins recommandé, demandent des experts.

Le 18 février, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) a recommandé de maintenir la stratégie proposée en contexte de pénurie de vaccins contre la COVID-19 et de circulation élevée du virus, c’est-à-dire d’offrir une 1re dose de vaccin au plus grand nombre de personnes appartenant aux six premiers groupes prioritaires. Le CIQ rappelle que la 2e dose est importante et devra être offerte, mais il apparaît difficile, à l’heure actuelle, de déterminer le moment optimal pour son administration.Lire le document Données préliminaires sur l’efficacité vaccinale et avis complémentaire sur la stratégie de vaccination contre la COVID-19 au Québec en contexte de pénurie.

Le 1er mars, la Colombie-Britannique a décidé de prolonger à 4 mois le délai entre la première et la deuxième doses des vaccins, afin que toute la population ait eu une dose d’ici juillet.

Le 3 mars, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a recommandé que, dans le contexte de l’offre limitée de vaccins contre la COVID-19, les autorités compétentes maximisent le nombre de personnes recevant la première dose de vaccin en portant jusqu’à 4 mois l’intervalle pour la deuxième dose de vaccin contre la COVID-19. Lire le bulletin Réponse rapide du CCNI : Allongement des intervalles entre les doses des vaccins contre la COVID-19 pour optimiser les campagnes de vaccination précoces et la protection des populations au Canada.

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur les données scientifiques, consultez le document de Santé Canada Recommandations sur l’utilisation des vaccins contre la COVID-19.