Retour sur «COVID-19 : des réponses à vos questions»

Vaccination mixte ou 2 doses d’AstraZeneca : 3ème dose offerte aux voyageurs

Le gouvernement Legault a confirmé samedi qu’il permettrait « exceptionnellement » aux personnes ayant reçu une ou deux doses d’un vaccin qui n’est pas reconnu dans certains pays et ayant un voyage essentiel prévu à l’extérieur du pays, à court terme, d’obtenir une troisième dose de vaccin contre la COVID-19, afin de pouvoir répondre aux exigences de vaccination.

Le MSSS n’a pas précisé si les personnes ayant reçu la combinaison de Pfizer et de Moderna pouvaient demander une troisième dose de vaccin.

Cette troisième dose « pourra être administrée à toute personne dont la vaccination ne sera pas reconnue dans le pays où elle se rend », sans besoin de preuve justificative.

Sur la page officielle Vaccination contre la COVID-19 / Vaccination pour les voyageurs, il est indiqué :

« les personnes pour qui il est nécessaire d’avoir une dose additionnelle de vaccin à ARN peuvent l’obtenir dans un centre de vaccination, si le besoin de se déplacer à l’extérieur du pays l’exige. Ces personnes doivent prendre un rendez-vous de dépannage dans Clic Santé ou se présenter au sans rendez-vous.

Cette mesure est exceptionnelle et la personne devra être conseillée adéquatement pour être informée des risques potentiels associés à cette dose additionnelle, en comparaison des bénéfices du voyage planifié. Il n’existe actuellement aucune étude pour évaluer l’impact de cette dose additionnelle. »

Mixte : viral et ARNm

« Exceptionnellement, les personnes pour qui il est nécessaire d’avoir une dose additionnelle de vaccin [à ARNm] peuvent l’obtenir via les services de vaccination en place et sur demande de leur part, si le besoin de se déplacer à l’extérieur du pays l’exigeait et qu’ils avaient reçu initialement un calendrier mixte », a indiqué la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) Marie-Hélène Émond.

Par « calendrier mixte », on entend toute personne qui aurait reçu une dose Covishield (le vaccin d’AstraZeneca produit en Inde) ou d’AstraZeneca, puis une dose de vaccin à ARNm, soit ceux de Pfizer ou encore de Moderna. Un tel scénario de vaccination pourrait se buter à un refus d’entrée dans plusieurs pays, notamment en Europe, où le vaccin de Covishield n’est pas officiellement reconnu par les autorités locales.

Aux États-Unis, les mélanges de vaccins à ARNm ne sont toujours pas acceptés, de même que le vaccin d’AstraZeneca.

AstraZeneca ou COVISHIELD

Lundi il a été clarifié que les Québécois qui ont reçu leurs deux doses du vaccin d’Oxford-AstraZeneca peuvent désormais recevoir une troisième dose d’un vaccin à ARN messager avant de voyager.

Toutefois, pour être admissible au passeport sanitaire européen, par exemple, il faut avoir reçu deux doses de vaccins à ARNm. Ainsi, même avec une seule dose de Pfizer les personnes ayant reçu Covishield ne seront pas davantage considérées comme totalement vaccinées.

Indications, efficacité et effets secondaires

Lundi en fin d’après-midi, le MSSS a indiqué que « l’intervalle minimal de quatre semaines doit être respecté avant l’administration d’une dose additionnelle » (lire le communiqué Pandémie de la COVID-19 – L’administration d’une dose additionnelle demeure une mesure d’exception).

Les responsables de la santé avertissent qu’il appartient au destinataire de demander conseil et de peser les risques avant de recevoir une dose supplémentaire des vaccins de Pfizer-BioNTech ou de Moderna.

L’expert en virologie Benoit Barbeau confirme qu’on ignore actuellement comment le corps pourrait réagir à une troisième dose de vaccin contre la COVID-19, par rapport aux deux précédentes. « Si vous recevez une troisième dose, vous allez probablement avoir des effets [secondaires] différents. Il y a toujours cette possibilité-là », évoque-t-il, mais il ne croit pas cependant « qu’il y a un risque extraordinaire à recevoir une troisième dose ».

Un porte-parole du ministère de la Santé a déclaré lundi qu’une troisième dose n’offrait pas nécessairement plus de protection par rapport à deux doses, ajoutant que la protection liée au fait de recevoir deux injections d’AstraZeneca mélangées à un vaccin à ARNm n’était pas établie clairement. Il a également rappelé que l’impact lié de recevoir trois doses de deux vaccins distincts n’a fait l’objet d’aucune étude.

Dans les centres de vaccination

Même si le gouvernement a donné son aval vendredi, les CISSS et CIUSSS n’ont reçu la directive officielle de la Santé publique nationale que samedi après-midi, expliquant des refus d’administrer la 3ème dose.

Sources