Retour sur «COVID-19 : des réponses à vos questions»

Volet national de l’enquête en CHSLD – semaine 2

Après les enquêtes sur les décès survenus dans plusieurs CHSLD, le bureau du coroner a annoncé que les audiences publiques portant sur le volet national de gestion de la pandémie dans les milieux hébergeant des aînés et des personnes vulnérables (dernier volet de l’enquête) se tiennent du 1er novembre au 3 décembre 2021.

Consulter le document sur le Déroulement des audiences et liste des témoins.

Autres articles portant sur le volet national de l’enquête :

8 novembre

Témoignage de la Dre Élise Boulanger

Même si une consigne incitant les médecins de CHSLD à faire de la télémédecine a été formulée en début de pandémie, la majorité sont allés sur place pour soigner des patients, selon Dre Élise Boulanger, co-présidente de la Communauté de pratique des médecins en CHSLD.

Elle a mentionné qu’une analyse de la facturation des médecins menée par le comité des effectifs médicaux en milieux de vie au ministère de la Santé a permis de voir que seulement 3 % des heures travaillées par les médecins en CHSLD durant les deux premières vagues avaient été faites en télémédecine.

Dre Boulanger a ajouté que la pratique médicale en CHSLD est « peu valorisée » au Québec et que ces milieux sont « sous financés » depuis des années, alors que la clientèle s’alourdit. Elle a exposé la « déconnexion entre les instances décisionnelles et le terrain » lors de la première vague et parlé du fait que plusieurs directives émises « étaient non adaptées aux CHSLD ».

Témoignage de la Dre Sophie Zhang

La forte présence d’infirmières auxiliaires, le dépistage étendu des résidants et l’administration de thromboprophylaxie permettent de diminuer les taux de décès dans les CHSLD, révèle une étude menée par la Dre Sophie Zhang, co-présidente de la Communauté de pratique des médecins en CHSLD.

Chose étonnante, l’administration d’oxygène ou de soluté ne semble pas avoir eu d’impact sur la mortalité, si l’on en croit les données de la Dre Zhang. Par contre, un traitement contre la formation de caillots sanguins, appelé thromboprophylaxie, «réduisait de moitié la cote de décès».

Son analyse démontre que le dépistage massif des résidants a permis de diminuer de 12 fois l’incidence de la COVID-19 dans les CHSLD. Au Québec, seuls les résidants symptomatiques étaient testés en début de crise. C’est seulement le 10 avril 2020, en plein cœur de la première vague, que les CHSLD ont pu faire un dépistage massif, mais souvent, «cette directive-là n’a pas été complétée par manque d’écouvillons». Le dépistage systématique, lui, n’a été autorisé que le 23 avril.

Le manque d’infirmières auxiliaires joue aussi un rôle majeur, selon l’analyse. La Dre Zhang a calculé que les CHSLD où il y avait des pénuries de 25 % ou plus d’infirmières auxiliaires présentaient trois fois plus de cas. Un aîné vivant dans un centre où il manquait le quart des infirmières auxiliaires avait ainsi trois fois plus de chance d’attraper la COVID-19 et risquait plus d’en mourir.

Témoignage d’Isabelle Groulx

Devant ce constat, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec recommande «que le gouvernement adopte une loi pour implanter des ratios sécuritaires en soins» chez les infirmières, les infirmières auxiliaires et les préposés aux bénéficiaires, a déclaré l’une des vice-présidentes du syndicat, Isabelle Groulx.

«Nous entendons qu’il y a une pénurie de personnel soignant, mais je dirais plutôt qu’il existe une pénurie de bonnes conditions de travail», a-t-elle défendu. «Il n’y a jamais eu autant d’infirmières au Québec, mais plusieurs quittent leur profession après quelques années de service.»

Au Québec, 16 projets pilotes testés entre 2018 et 2020 ont donné des résultats encourageants. Si 60 % des professionnels disaient «ne pas être en mesure de réaliser toutes leurs activités de soin», ce taux a baissé à 27 % après la mise ne place de ratios, a-t-elle indiqué.

Témoignage de Josée Fréchette

Pour apprendre du pire afin que plus jamais l’intolérable ne se reproduise, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a soumis dix recommandations à la coroner, qui s’articulent surtout autour de la prévention, de la répartition du personnel, de la communication et du soutien psychologique.

Parmi les recommandations principales : la gestion de proximité, l’amélioration des communications ainsi que de l’accueil, de l’encadrement et du soutien du personnel réaffecté ; l’importance de reconnaître l’expertise et l’apport du personnel professionnel et technique dans les soins et les services dispensés aux personnes âgées hébergées.

Le manque de personnes professionnelles et techniciennes, le délestage de leurs activités quotidiennes et leur réaffectation chaotique sans indications et ni orientations claires lors de la première vague de COVID-19 ont contribué à la catastrophe.

« D’après les témoignages entendus depuis le début des audiences, il est de plus en plus clair que des résidents ont souffert de déshydratation, de faim, d’isolement et de déconditionnement », a constaté Josée Fréchette, vice-présidente de l’APTS.

Sources :

9 novembre – Syndicats

Témoignage de Sylvie Nelson

Les salariés qui travaillent dans des résidences pour aînés et des CHSLD privés ont peur d’avoir une relation avec leur syndicat par crainte de représailles de leur employeur, affirme la présidente du syndicat québécois des employées et des employés de service, section locale de la FTQ, Sylvie Nelson.

Elle s’est insurgée contre les CHSLD privés, qui « exploitent une main-d’œuvre sous-payée » et « chargent des soins à la carte à des prix exorbitants » dans le but de faire du profit.

Pour une offre de soins et de services équitables dans tous les établissements du Québec, Mme Nelson recommande de conventionner tous les CHSLD. «En les conventionnant, ça permettrait aussi aux travailleurs d’avoir des conditions salariales et de travail plus respectables».

Elle estime aussi qu’il est «primordial» d’instaurer un «décret de convention collective» dans le secteur de l’hébergement privé pour les personnes en perte d’autonomie.

Témoignage de Philippe Crevier

Au Québec, plus de neuf préposés aux bénéficiaires sur dix « disent ne pas avoir le temps de faire leurs tâches », a renchéri le conseiller syndical de Fédération de la santé et des services sociaux, Philippe Crevier, qui se base sur un sondage réalisé auprès de ses membres avant la pandémie. De plus, la moitié « ne peut pas changer les culottes d’incontinence quand ça devrait se faire ».

En recommandant d’interdire l’utilisation du N95* sauf pour certaines interventions médicales générant des aérosol dans les 11 premiers mois de la pandémie, le Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) a mis les résidents des CHSLD en danger.

Un an après le début de la pandémie, un jugement du Tribunal administratif du travail a tranché que les masques médicaux ne protègent pas adéquatement les travailleurs des zones chaudes et tièdes des CHSLD contre le coronavirus.

La FSSS-CSN a fait valoir que l’état déplorable dans lequel le réseau s’est présenté à l’arrivée de la pandémie, jumelé à l’entêtement du Comité sur les infections nosocomiales du Québec de l’INSPQ (CINQ) et du gouvernement à ne pas appliquer adéquatement le principe de précaution, ont mis à risque le personnel et les personnes âgées hébergées. Les manquements en matière de planification, la détérioration des conditions de travail et le manque de personnel ont entraîné un cercle vicieux de mobilité à outrance du personnel, de recours aux agences privées et d’épuisement professionnel généralisé.

*cf article N-95 en milieux de vie et de soins.

Sources :

10 novembre – INSPQ

Plusieurs semaines avant que la COVID-19 entre de manière dramatique dans les CHSLD du Québec, à la mi-mars 2020, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) savait que les personnes âgées risquaient d’être plus sévèrement touchées que la population générale.

Témoignage de la Dre Jocelyne Sauvé

« Vers la fin janvier début février, ce qu’on disait c’était que s’il y avait transmission communautaire, les milieux de soins de longue durée pourraient être impactés », a témoigné Dre Jocelyne Sauvé, vice-présidente aux affaires scientifiques à l’INSPQ.

Dans les scénarios pandémiques présentés au ministère de la Santé le 9 mars 2020, l’INSPQ mentionnait que de tous les groupes d’âge, les aînés seraient les plus touchés. Mais c’est surtout l’impact de la hausse des cas sur les hôpitaux québécois qui y a été détaillé.

Dre Sauvé a brièvement expliqué que certains scénarios « catastrophiques » mentionnaient des risques de débordement majeurs dans les centres hospitaliers. « L’information qu’on avait, c’est que les gens allaient être infectés, malades et hospitalisés », a-t-elle résumé. D’autres informations étaient vraisemblablement aussi incluses concernant les risques encourus par les CHSLD. Or, la Dre Sauvé n’a pas pu répondre aux questions concernant le contenu des scénarios, car l’avocate du MSSS s’y est opposée sous prétexte que ces documents avaient été soumis au ministère du Conseil exécutif. Me Kamel a d’ailleurs exprimé son scepticisme quant aux raisons invoquées par l’avocate du MSSS pour bloquer les questions à ce sujet. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a indiqué le lendemain qu’il accepterait de déposer en preuve les différents scénarios pandémiques qui lui avaient été présentés le 9 mars 2020 par la santé publique.

Le 17 mars 2020, Dr Arruda, a confié à l’INSPQ le mandat de vigie sanitaire de la COVID-19 et de coordination et d’intégration de la production scientifique.

Le défi a été immense, a expliqué Dre Sauvé. « Il y avait des milliers d’articles produits chaque jour » sur la COVID-19. L’INSPQ, qui rend normalement des avis en 6 à 12 mois, devait maintenant en produire en 30 minutes. Plus de 8000 questions ont été posées à l’INSPQ dans les quatre mois de la première vague.

« Quand la donnée n’est pas stable ou pas disponible, c’est très difficile de faire un diagnostic de ce qui se passe en temps réel »

Questionnée à savoir si l’INSPQ tenait compte des manques de stock, dont de matériel de protection, dans ses avis, elle a mentionné que des praticiens terrain se trouvent dans les comités de l’INSPQ. « On essaye d’être réaliste dans ce qu’on propose ».

Témoignage de la Dre Chantal Sauvageau

Dre Chantal Sauvageau, médecin à la direction des risques biologiques et santé au travail à l’INSPQ, a mentionné qu’en début de crise, le mode de transmission par gouttelettes a été retenu comme le mode principal de transmission de la maladie.

L’INSPQ a fini par reconnaître en janvier 2021 que la transmission de la maladie se fait via un continuum de particules de différentes grosseurs. Dre Sauvageau a toutefois répété qu’à ce jour, « la masse de données montre que la transmission de ce virus se fait à courte distance ».

Des études cliniques démontrent qu’il y a peu de différence entre l’utilisation de masques ordinaires ou de masque N-95 pour les travailleurs de la santé. Ces études ont surtout été faites dans des hôpitaux, a nuancé Dre Sauvageau. Les résidants des CHSLD, en perte d’autonomie, ont souvent besoin qu’un employé soit en contact physique avec eux sur une période prolongée pour effectuer certaines tâches. Ces contacts sont beaucoup plus fréquents qu’à l’hôpital.

Elle a reconnu que « quelques éclosions où il semblait y avoir des cas non explicables par des contacts rapprochés » ont été recensées dans le monde, mais elles demeurent une faible minorité « dans la masse de données ».

«En février, déjà dans les rapports et les discussions qu’on avait avec le ministère, on disait que s’il y avait transmission communautaire, c’est sûr que ça va toucher davantage les personnes âgées. Et donc il y avait une anticipation que ça pourrait malheureusement entrer dans les CHSLD»

Est-ce que cette donnée a mené à l’identification d’un risque particulier au niveau des CHSLD?, lui a demandé l’avocat des familles de six patients décédés, Me Patrick Martin-Ménard. «Dans nos discussions, ça va de soi, oui. C’est spécifiquement les personnes âgées avec plusieurs comorbidités qui répondent à certains critères pour avoir un niveau de soin en CHSLD. Le corolaire était évident.»

Sources :

11 novembre – Santé publique

Principe de précaution à l’épreuve de la réalité : Processus de gestion des risques.

Témoignage du Dr Richard Massé

Dr Richard Massé, nommé conseiller spécial du Dr Arruda à la fin mars 2020, a expliqué que le risque de manquer de masques d’intervention avait été envisagé par les autorités de santé publique dans leurs recommandations.

Fin février, le CINQ avait publié un avis dans lequel on soulevait l’hypothèse que le virus pouvait se transmettre de façon aérienne et où on recommandait le port de protections en conséquence. Mais à la mi-mars, le CINQ affirmait plutôt que la maladie se transmettait essentiellement par gouttelettes.

L’avocat Patrick Martin-Ménard, qui représente les familles de certains défunts, a demandé au Dr Massé si, puisque des doutes existaient en début de pandémie sur le mode de transmission de la maladie, le principe de précaution n’aurait pas dû être appliqué et le masque d’intervention porté partout dans le réseau de la santé. Dr Massé a répondu que « le principe de précaution, on ne l’utilise pas comme étant blanc ou noir ». « Est-ce qu’on a les masques pour le faire auprès de tout le monde ? Il faut faire une gestion de risques ». Pour lui, au-delà du principe de précaution, il y a le « principe de la réalité ».

Le « virage » vers le port du masque a été « conditionné en partie par la disponibilité des ressources ».

Il a rappelé que jusqu’à la fin du mois de mars 2020, l’INSPQ considérait que le virus était essentiellement transmis par des personnes symptomatiques. Ce n’est qu’à la fin de mars que le risque de transmission par les personnes asymptomatiques a été confirmé.

Il a reconnu que les CHSLD n’avaient « pas le même niveau de préparation » à la pandémie que le milieu hospitalier, mais le réseau des CHSLD était en état de « faiblesse structurelle » au Québec.

Témoignage du Dr Horacio Arruda

Processus de décision : masque, interdiction des visites

Le directeur national de santé publique du Québec, Dr Horacio Arruda, a indiqué que plusieurs facteurs avaient été considérés quand était venu le temps d’imposer des mesures de protection en début de pandémie.

Il a expliqué le « processus de gestion du risque » qui a guidé le MSSS dans ses recommandations. Il a d’emblée souligné qu’« il n’y a pas juste la science qui décide ». « Il y a des éléments environnementaux, sociaux, éthiques par rapport aux choix qu’on peut faire […]. Il y a des éléments de faisabilité par rapport au contexte actuel ».

Au sujet de l’interdiction pour les proches aidants d’accéder aux CHSLD, il a précisé que la décision avait été prise aussi dans le but de protéger le public de possibles éclosions. Les proches aidants sont eux-mêmes souvent âgés de plus de 70 ans et ils étaient donc aussi vulnérables face à la COVID-19.

Dr Horacio Arruda ne se rappelle pas s’il a recommandé ou non d’arrêter le mouvement de personnel entre les milieux d’hébergement lors de la première vague de la COVID-19. La coroner a souligné que la Colombie-Britannique, elle, avait interdit tout mouvement de personnel entre les établissements dans le but de freiner la propagation de la COVID-19.

Dr Arruda a aussi défendu la décision prise le 23 mars 2020 d’isoler pendant 14 jours les travailleurs de la santé asymptomatiques. Il s’est dit conscient que des bris de services allaient possiblement survenir, mais sans cette décision, « ça aurait pu exploser encore plus ».

Anticipation

Le «Plan québécois de lutte à une pandémie d’influenza – Mission santé» décrit les impacts potentiels d’une pandémie d’influenza sur la population québécoise. Or, certaines hypothèses évoquées dans le document se sont effectivement concrétisées pendant la 1re vague de la COVID-19 au Québec. Le gouvernement du Québec avait prévu depuis 2006 qu’en cas de pandémie, l’absentéisme pourrait atteindre 30 à 35 % parmi les travailleurs de la santé et que cela représenterait un défi «évident» pour le réseau.

Dr Arruda a été pressé d’expliquer pourquoi il n’avait pas anticipé le manque de main-d’œuvre et ses effets dévastateurs dans le réseau de la santé lors de la première vague de pandémie, même si Québec disposait d’un plan qui le prévoyait.

«Ce qui me dérange, c’est que tout est écrit dans nos plans […] tout est prévu. Je comprends qu’entre le prévoir et le vivre c’est une chose, mais on a eu des gens qui ont été délestés: des éducateurs, des travailleurs sociaux, des nutritionnistes», a rappelé la coroner Géhane Kamel. Plusieurs de ces professionnels, retournés à la maison après la fermeture de leurs services en mars 2020, ont ensuite été invités à donner un coup de main au réseau par la voie de l’initiative «Je contribue». «Pourquoi on n’a pas préparé ce délestage-là avant? »

«Notre société a un problème de main-d’œuvre inouï», a débuté Dr Arruda, aussitôt coupé par la réplique de la coroner: «Ça n’a rien à voir.» «Et donc, on se retrouve dans une épidémie comme la grippe espagnole […] dans un système déjà fragilisé, a-t-il ajouté. […] C’est un ensemble de facteurs», a-t-il tout de même complété.

*Poursuite du témoignage du Dr Arruda le lundi 15 novembre*

Des discussions ont eu lieu dès janvier 2020 concernant la vulnérabilité au coronavirus des aînés en CHSLD, a admis lundi Dr Horacio Arruda. La coroner Géhane Kamel s’est dite troublée d’apprendre que la santé publique ait été au courant du danger bien avant le déclenchement de l’urgence sanitaire, le 13 mars 2020, date à laquelle les CHSLD manquaient déjà cruellement de personnel, d’équipements et de formation pour faire face à un tel ennemi.

Compte tenu de la situation d’alors en Italie, où les hôpitaux débordaient, la priorité a été donnée «à la réorganisation des soins», a admis Dr Horacio Arruda.

Transferts vers les CHSLD

Dr Arruda a aussi été questionné sur la directive du gouvernement de transférer certains patients d’hôpitaux vers les CHSLD. Il a expliqué qu’il a pris ses décisions selon ses connaissances de l’époque. Il s’était notamment fié à la situation en Italie, où les milieux hospitaliers avaient été submergés lors de la première vague.

« Il y a plus de risques de transmission dans les hôpitaux que dans les CHSLD, normalement », a expliqué Dr Arruda, et la réorganisation était plus pressante dans les hôpitaux.

Il a cependant précisé que la décision de Québec de transférer des centaines d’aînés des hôpitaux vers les CHSLD, au tout début de la pandémie, afin de libérer des lits pour accueillir la vague de malades anticipée, relevait du MSSS, puisqu’il s’agissait de la gestion du réseau.

Sources :