Retour sur «COVID-19 : des réponses à vos questions»

Cinquième vague – Modélisations canadiennes / québécoises

*Publication de nouvelles projections mi-janvier 2022*

L’Agence de la santé publique du Canada a créé un réseau canadien de modélisation COVID-19 composé de modélisateurs et d’épidémiologistes. Ce groupe d’experts appuie les efforts du Canada pour modéliser et faire des prédictions sur l’épidémie COVID-19. Les modèles utilisent des équations mathématiques pour estimer le nombre de cas de maladie qui pourraient survenir dans les semaines ou les mois à venir.

Bref sommaire des résultats de la modélisation, des plus récents chiffres et des dernières tendances à l’échelle du pays :

Selon les prévisions de modélisation à long terme qui ont été mises à jour le 10 décembre, nos niveaux actuels de transmission indiquent qu’une recrudescence des cas du variant Delta est prévue au Canada, même s’il n’y a aucune accélération du variant Omicron au Canada (représentée par la trajectoire en gris foncé dans les prévisions).

Les prévisions révèlent également une trajectoire possible si la propagation du variant Omicron devait s’accélérer et remplacer le variant Delta comme variant prédominant au Canada. Dans ce cas (représenté par la trajectoire de la ligne orange dans les prévisions), il est possible que la recrudescence des cas soit encore plus rapide.

De plus, bien qu’il existe encore une grande incertitude quant à la capacité d’Omicron d’échapper à l’immunité ou d’augmenter la gravité de la maladie, toute recrudescence rapide des cas pourrait ajouter une pression supplémentaire sur notre système de santé encore fragile. En attendant d’en savoir plus, la transmissibilité accrue d’Omicron et sa forte recrudescence potentielle signifient que nous devons aborder les semaines à venir avec une grande prudence et, en même temps, être prêts à agir rapidement pour contrôler la propagation au premier signe d’une accélération rapide des cas.

En dépit des défis à venir que posent la vague continue causée par le variant Delta au Canada et l’émergence du variant Omicron, nous avons de meilleures protections et en plus grande quantité à l’approche de la saison des Fêtes et de l’hiver que précédemment.

Les vaccins et la couverture vaccinale grandissante continuent de nous donner un avantage sur ce virus, et bien qu’il soit possible que la protection contre le variant Omicron soit dans une certaine mesure moindre, les vaccins contre la COVID-19 devraient encore fournir un niveau de protection, en particulier contre les issues graves. Par conséquent, la vaccination, y compris les doses de rappel, combinée à des mesures de santé publique et de protection personnelle, demeure essentielle à la lutte contre la pandémie au Canada.

Le 17 décembre, Dre Theresa Tam a déclaré :

« Selon les données préliminaires, Omicron est extrêmement transmissible, et l’immunité antérieure, obtenue grâce à la vaccination ou à l’infection, offre une protection réduite contre l’infection par le nouveau variant. (…) il convient de souligner que le fait d’être entièrement vacciné devrait nous offrir une protection raisonnable contre l’infection et vraisemblablement une bonne protection contre la maladie grave. »

Au Québec

L’INESSS et l’INSPQ ont publié leurs projections la semaine suivante.

INESSS

Les projections initiales reposent sur les données et les informations dont nous disposions en date du 10 décembre et modélisées le 13 décembre. La présence croissante du variant Omicron ainsi que la progression rapide des nouveaux cas et des nouvelles hospitalisations n’était pas reflétée dans ces projections.

Le 15 décembre, un scénario basé sur des paramètres en lien avec le variant omicron, issus d’une publication scientifique intégrant des données de vie réelle d’Afrique du Sud, a été élaboré. Selon ce scénario appliqué à notre contexte, la forte croissance du nombre de cas devrait se traduire par une augmentation marquée du nombre d’hospitalisations quotidiennes au cours des prochaines semaines et conséquemment du taux d’occupation des lits réguliers et de soins intensifs. Selon ce scénario, l’occupation des lits devrait atteindre le niveau 1 défini par le MSSS d’ici 3 semaines.

Consulter le document Suivi de l’évolution de l’épidémie de covid-19 et des besoins hospitaliers au Québec – Mise à jour du 13 décembre 2021.

Source : Suivi de l’évolution de l’épidémie de COVID-19 : Risques d’hospitalisation et projections des besoins hospitaliers – Mise à jour du 16 décembre 2021.

INSPQ

*22 décembre : Nouvelles projections présentant l’évolution de la COVID-19 dans le Grand Montréal avec Omicron, selon 1) différentes caractéristiques d’Omicron et 2) différentes mesures de réduction des contacts sociaux, combinées à l’accélération de la vaccination avec la 3e dose.*

Bien que les données sur le variant Omicron soit incertaines et limitées, l’INSPQ et le Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses de l’Université Laval projettent que les cas augmenteront de façon exponentielle s’il s’avère que ce variant préoccupant est beaucoup plus transmissible que le variant Delta. Dans ce contexte, les perturbations dans les secteurs socioéconomiques pourraient être nombreuses. La hausse des cas pourrait également se traduire en une augmentation importante des hospitalisations, mais l’ampleur de cette augmentation demeure incertaine et dépendra de la sévérité d’Omicron.

Deux scénarios ont été modélisés :

  • Si Omicron est beaucoup plus transmissible (2,2 à 3,2 fois plus) que Delta, mais qu’il ne présente pas d’échappement vaccinal, il pourrait y avoir une augmentation exponentielle de la transmission communautaire. Omicron pourrait rapidement infecter la majorité des personnes non vaccinées ou susceptibles.
  • Si Omicron est un peu plus transmissible (1,3 à 1,7 fois plus) et qu’il présente de l’échappement vaccinal, il pourrait y avoir une augmentation exponentielle et généralisée de la transmission communautaire parmi les personnes non vaccinées et celles doublement vaccinées.

Même si le variant Omicron est trois fois moins sévère que le variant Delta, il pourrait y avoir une augmentation considérable des hospitalisations, en raison de la croissance exponentielle des cas.

Conclusion : La propagation d’Omicron pourrait causer une pression importante sur le système de santé. La hausse substantielle du nombre de cas pourrait également occasionner des perturbations dans plusieurs domaines socio-économiques en raison d’un haut taux d’absentéisme. On observe d’ailleurs déjà des perturbations liées à un nombre élevé de cas (ex : fermeture de classes, délestage et fermeture de départements hospitaliers). La combinaison d’une réduction des contacts sociaux, de la vaccination (incluant une dose de rappel) et du dépistage (incluant l’auto-dépistage et l’isolement) pourrait atténuer l’impact d’Omicron au Québec.

Consulter les projections :

Source : L’évolution de l’épidémie de COVID-19 dépendra du rythme d’importation du variant Omicron et de ses caractéristiques.