Lettre au ministre Carmant sur le financement des organismes communautaires de Montréal

Huit regroupements montréalais, dont DéPhy Montréal, ont adressé une lettre à Lionel Carmant, ministre responsable des Services sociaux et de la Lutte contre l’itinérance, pour dénoncer le sous-financement persistant des organismes communautaires de la métropole.

Le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) est le principal programme gouvernemental qui finance la mission globale des organismes communautaires en santé et services sociaux au Québec. Le budget de mars 2026 prévoit une augmentation de 20 millions de dollars de cette enveloppe — une avancée saluée, mais jugée nettement insuffisante au regard des besoins réels.

Montréal affiche le taux de pauvreté le plus élevé de la province et fait face à des enjeux particulièrement complexes : logement, vieillissement, immigration, surdoses, etc. Pour 2025-2026, les organismes montréalais avaient besoin de 162 millions de dollars supplémentaires dans le cadre du PSOC — ils n’ont reçu que 1,6 million, soit environ 1 % de leurs besoins.

Ce déséquilibre s’explique en partie par le mode de répartition du financement provincial, qui se base sur le nombre d’organismes par région plutôt que sur les besoins réels des populations. Or, Montréal ne regroupe que 18 % des organismes financés au PSOC, alors qu’elle représente 24 % de la population québécoise et concentre une part importante de la pauvreté. Les regroupements demandent que cette répartition soit corrigée pour tenir compte des besoins réels des populations.

S’y ajoutent des inégalités entre organismes d’une même catégorie. Le Cadre normatif du PSOC prévoit pourtant que des organismes comparables devraient recevoir un financement équivalent. Cet objectif n’est toujours pas atteint, malgré des travaux en cours depuis près de dix ans au ministère de la Santé et des Services sociaux. Pour Montréal seulement, combler ces écarts nécessiterait un investissement estimé à 100 millions de dollars.

Par ailleurs, lorsque de nouveaux organismes sont admis au PSOC, leur financement initial est prélevé à même l’enveloppe régionale de rehaussement — celle-là même qui sert à soutenir les organismes déjà financés. Pour 2026-2027, sept nouveaux organismes ont été admis à Montréal, ce qui réduit automatiquement les sommes disponibles pour les 542 groupes existants.

Les regroupements formulent trois demandes au ministre :

  • corriger la répartition interrégionale du PSOC pour qu’elle tienne compte des besoins réels des populations, et pas seulement du nombre d’organismes par région ;
  • prévoir un montant distinct pour le financement initial des nouveaux organismes admis au PSOC, sans puiser dans l’enveloppe régionale destinée aux groupes existants ;
  • progresser concrètement vers l’équité de financement entre organismes comparables, conformément au Cadre normatif du PSOC.
Publié le 26 mai 2026