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Au pied de la lettre

L’écriture inclusive à l’épreuve de la lecture.

Le projet

Présentation de l'outil

L’écriture inclusive est de plus en plus présente dans les communications écrites, y compris institutionnelles et administratives. Si elle vise à mieux représenter l’ensemble de la population, elle peut aussi avoir des effets différents sur la lisibilité et la compréhension des textes, selon les publics, les habitudes de lecture et les technologies utilisées.

Cet outil documente la façon dont des personnes ayant des profils de lecture variés réagissent aux différents procédés d’écriture inclusive en français.

Pourquoi cet outil

Les communications municipales s’adressent à des publics très variés. Au Québec, en 2022, 21,0 % des personnes de 15 ans et plus vivant en ménage privé déclaraient une incapacité1 ; ces personnes sont par ailleurs plus nombreuses à ne pas détenir de diplôme d’études secondaires (25 %, contre 16 % de celles sans incapacité)2. La part des 65 ans et plus est également importante : en 2021, ils représentaient 17,5 % de la population de l’agglomération de Montréal3.

À cela s’ajoutent la littératie et la langue. Environ 52 % des adultes québécois de 16 à 65 ans se situent sous le niveau 3 de littératie, soit le seuil à partir duquel une personne lit avec aisance des textes longs ou denses et en interprète le sens4. La diversité linguistique de la population montréalaise est également marquée : en 2021, sur l’île de Montréal, plus de la moitié de la population (56 %) n’avait pas le français comme seule langue maternelle5.

Toutes ces personnes ne lisent pas de la même manière. Certaines, notamment celles ayant une déficience visuelle, utilisent des technologies d’assistance — lecteur d’écran avec synthèse vocale ou afficheur braille, agrandisseur ou loupe d’écran. D’autres peuvent rencontrer des obstacles liés à un trouble du langage, à une déficience intellectuelle, à une démarche de francisation ou d’alphabétisation, ou encore à une maîtrise partielle du français écrit. Lorsque l’écriture inclusive introduit des signes typographiques inhabituels ou des formes abstraites, elle peut modifier l’expérience de lecture et nuire, dans certains cas, à la compréhension des textes. Cet outil documente ces effets tels que les personnes concernées les vivent ou les décrivent.

Ce que cet outil n'est pas

Cet outil ne dit pas quel procédé utiliser et ne formule aucune recommandation. Il ne classe pas les procédés et n’en désigne aucun comme meilleur ou pire. Il présente ce que les personnes rencontrées ont nommé et vécu face à ces formes d’écriture, pour que chacune et chacun puisse en tenir compte dans ses propres choix de communication, selon les publics visés.

Il ne s’agit pas non plus d’une étude scientifique fondée sur un vaste échantillon. Les réactions recueillies montrent néanmoins qu’il n’existe pas de procédé universellement accessible : pour un même procédé, certaines personnes ne signalent aucune difficulté, d’autres trouvent la lecture plus lourde, d’autres encore ne saisissent pas le sens visé — et ces écarts apparaissent même entre des profils similaires.

Objectif et démarche

Objectif. Sensibiliser le personnel municipal, ainsi que les personnes élues ou concernées par la production de contenus textuels, aux effets que l’écriture inclusive peut avoir pour différents publics aux profils de lecture variés, en donnant à voir des expériences concrètes plutôt qu’en édictant des règles.

Démarche. DéPhy Montréal a rencontré des personnes référées par des organismes communautaires, membres ou partenaires de notre regroupement. Chacune a lu des textes rédigés selon différents procédés d’écriture inclusive, portant sur des sujets inspirés de la vie municipale, puis a réagi à ce qu’elle lisait. Leurs réactions — tantôt convergentes, tantôt divergentes — sont présentées ici sans hiérarchie ni jugement.

Les organismes ayant soutenu ce projet et les personnes qui y ont pris part sont présentés sur la page Qui a participé.

Comment utiliser cet outil

La page Fiches et capsules réunit le contenu pédagogique de l’outil. Chaque fiche porte sur un procédé ou un enjeu d’écriture inclusive : définition, description, exemples, principales observations de DéPhy Montréal, capsule vidéo, témoignages additionnels et un court résumé.

Plusieurs personnes cumulent plus d’une incapacité ou particularité. C’est pourquoi les fiches et les capsules sont organisées par procédé ou enjeu, et non par profil.

Chaque fiche peut être consultée indépendamment : il n’y a pas d’ordre de lecture imposé, le parcours dépend de vos intérêts ou de vos besoins. Ainsi, certains contenus ou témoignages se retrouvent dans plus d’une fiche ou capsule — une répétition assumée, qui permet de s’informer sur un sujet au moment voulu sans avoir à parcourir l’ensemble.

Contributions

Les personnes participantes ont été référées par des organismes membres ou partenaires de DéPhy Montréal. Ensemble, elles présentent une variété de profils de lecture et de compréhension de l’écrit : déficience visuelle, aphasie, trouble développemental du langage (TDL), déficience intellectuelle, autisme, vieillissement, francisation ou alphabétisation. Plusieurs cumulent plus d’un de ces profils.

La liste complète des organismes et la présentation de chacune des personnes figurent sur la page Qui a participé.

Notes et sources


  1. Office des personnes handicapées du Québec. (2026). Profil statistique des personnes handicapées : taux d’incapacité. Gouvernement du Québec. https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/participation-sociale-personnes-handicapees/statistiques (Enquête canadienne sur l’incapacité de 2022, Statistique Canada.) ↩︎

  2. Office des personnes handicapées du Québec. (2026). Les personnes avec incapacité au Québec : caractéristiques sociodémographiques. Gouvernement du Québec. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/org/ophq/Statistiques/RAP_caracteristiques-sociodemographiques_acc.pdf (Enquête canadienne sur l’incapacité de 2022, Statistique Canada.) ↩︎

  3. Ville de Montréal. (2022). Population et démographie : population par groupes d’âge en 2021 [bulletin]. Montréal en statistiques. (Recensement de 2021, Statistique Canada.) ↩︎

  4. Langlois, P. (2025). PEICA Canada 2022 : analyse des nouvelles données pour le Québec. Fondation pour l’alphabétisation. https://fondationalphabetisation.org/wp-content/uploads/2025/03/PEICA-Canada-2022-Analyse-des-nouvelles-donnees-pour-le-Quebec.pdf (PEICA de 2022, Statistique Canada, 2024.) ↩︎

  5. Office québécois de la langue française. (2022). Caractéristiques linguistiques de la population du Québec en 2021 [feuillet]. Gouvernement du Québec. https://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/sociolinguistique/2022/Feuillet_Car-ling-pop-Quebec-2021.pdf (Recensement de 2021, Statistique Canada ; traitement de l’ISQ.) ↩︎

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