La Presse Canadienne rapporte que des chercheurs canadiens ont franchi une étape importante dans la lutte contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Pour la première fois, un médicament a pu traverser la barrière hémato-encéphalique d’un patient. La Société canadienne du cancer définit cette barrière comme un réseau de vaisseaux sanguins filtrant le sang acheminé vers le cerveau. Celle-ci empêche certaines substances, notamment les médicaments, d’atteindre le cerveau. Grâce à cet essai expérimental, les chercheurs ont pu atteindre une zone ciblée du cerveau au moyen d’une technologie non invasive d’ultrasons focalisés.
Ce résultat a été observé lors d’un essai clinique mené au Centre des sciences de la santé Sunnybrook, à Toronto. Un homme de 70 ans est devenu le premier patient atteint de SLA au monde à recevoir un traitement par cette méthode. L’équipe a utilisé un casque équipé de 4000 transducteurs à ultrasons pour ouvrir temporairement une petite zone de la barrière protectrice du cerveau, permettant à de l’immunoglobuline administrée par perfusion d’atteindre le cortex moteur, une région clé ciblée par la maladie.
Quels bénéfices pour les patients ?
La SLA est une maladie neurodégénérative incurable qui entraîne un déclin rapide des fonctions motrices. Actuellement, de nombreux traitements potentiels sont inefficaces, car ils ne parviennent pas à franchir la barrière hémato-encéphalique. Cette nouvelle méthode ouvre donc la voie à des thérapies ciblées directement dans les zones touchées du cerveau, ce qui pourrait améliorer de manière significative la prise en charge future de la maladie.
Encore à l’essai
Il s’agit d’un essai préliminaire conçu pour évaluer la sécurité de la procédure. D’autres études, plus larges, seront nécessaires pour tester l’efficacité de cette approche avec différents médicaments. Les chercheurs espèrent également concevoir des casques personnalisés qui permettraient de se passer de l’IRM pendant l’intervention, simplifiant ainsi l’accès à ce traitement.
Même si cette technologie n’offre pas encore de traitement curatif, elle représente une avancée majeure pour les milliers de patients touchés par la SLA.
Une autre piste thérapeutique à l’étude
Plus tôt cette année, une équipe de chercheurs, dirigée par le docteur Olivier Blanchard, a proposé une piste thérapeutique susceptible de ralentir la progression de la SLA. Celle-ci repose sur un médicament déjà approuvé pour le traitement de l’hyperactivité vésicale : la darifénacine. Cette molécule pourrait potentiellement bloquer les cellules gliales hyperactives, qui endommagent la connexion entre les nerfs et les muscles chez les personnes atteintes de la maladie.
En savoir plus
- Institut-Hôpital neurologique de Montréal | Un traitement potentiel contre la SLA fera l’objet d’une étude(La Presse, 16 jan. 2025)
- Sclérose latérale amyotrophique | Des chercheurs canadiens font une grande avancée(La Presse, 9 mai 2025)