Le 15 mai 2026, la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) a publié un communiqué dénonçant, au terme de la première semaine de l’étude des crédits budgétaires, des reculs touchant le financement et les droits des organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS).
Selon la Table, les cahiers déposés par le ministère des Finances montrent que l’indexation des subventions à la mission globale du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) pour 2026-2027 a été fixée de façon discrétionnaire à 1,8 %, à partir des prévisions économiques du printemps 2026 plutôt que de la mise à jour économique de l’automne, comme c’était l’usage les années précédentes. La Table estime que la règle habituelle aurait donné une indexation de 2,1 %, et que ce changement de date de calcul représente une économie de 2,8 M$ pour l’État. Elle rappelle qu’un taux de 4 % serait nécessaire au maintien de la valeur des subventions, selon son Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC), et qualifie de recul le retour à un calcul discrétionnaire.
La Table souligne que le dernier budget n’a rehaussé l’enveloppe des 3 000 OCASSS que de 20 M$, alors que le milieu réclame 1,7 G$, de sorte que de nombreux groupes ne recevront que l’indexation. D’après Karine Robinette, membre du comité de coordination de la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux – Haussez le financement), une indexation de 1,8 % représente en moyenne 3 738 $ par organisme, un montant qui se traduit par un appauvrissement d’environ 4 000 $ pour chacun, les charges à assumer dépassant l’indexation reçue.
La Table rapporte enfin que, le 14 mai, le ministre responsable des institutions démocratiques, Jean-François Roberge, a fait part de son intention de modifier la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme afin d’y assujettir les organismes sans but lucratif (OSBL), sans confirmer qu’il agirait avant la fin de la session, en juin. La Table y voit une atteinte au droit d’association et invite à considérer les 29 propositions législatives « Lobby : Halte aux dérapages », appuyées par plus de 115 organisations.