La communication alternative et améliorée (CAA) regroupe un ensemble de méthodes et d’outils permettant aux personnes qui ne peuvent pas parler, notamment en raison d’un handicap moteur, sensoriel ou cognitif, de communiquer autrement. Ces moyens incluent la langue des signes, des systèmes d’images ou de symboles (comme des classeurs de pictogrammes), ainsi que des dispositifs technologiques comme des tablettes à synthèse vocale ou à commande oculaire.
En France, environ 2 millions de personnes sont concernées. Grâce à ces outils, elles peuvent poser des questions, exprimer des émotions, raconter des événements ou dénoncer des abus. Le succès de la démarche repose sur un accès constant à l’outil, une immersion quotidienne dans un environnement qui encourage l’expression, et une posture d’écoute active de la part des proches et des professionnels.
Plusieurs systèmes de communication visuelle sont utilisés, notamment :
- PECS : système de communication par échange d’images, développé aux États-Unis ;
- PODD : classeur de communication visuelle structuré, originaire d’Australie, adapté au français par des parents utilisateurs ;
- Makaton : méthode britannique combinant signes, paroles et pictogrammes.
Malgré l’existence de ces approches depuis plusieurs décennies, la France accuse un retard important dans leur diffusion, comparativement à des pays comme la Suisse ou le Luxembourg. Les freins identifiés sont nombreux : manque de formation des intervenants, faible connaissance des outils, coûts liés à la production de matériel imprimé ou à l’achat de technologies spécialisées, et inégalités d’accès selon les régions.
Depuis 2023, les autorités françaises ont commencé à faire de la CAA une priorité nationale. Des directives devraient bientôt rappeler aux établissements sociaux et médico-sociaux leur obligation de rendre ces outils disponibles et d’en former le personnel. Des initiatives communautaires récentes militent également pour une généralisation de l’usage de ces moyens de communication tout au long de la vie, dans une perspective de reconnaissance des droits à l’expression et à l’autodétermination.