Les personnes en situation de handicap demandent au Parlement d’accélérer l’adoption du projet de loi C‑22

(Toronto) – Une bonne vie, pas l’aide médicale à mourir : Les personnes en situation de handicap demandent au Parlement d’accélérer l’adoption du projet de loi C‑22, la Prestation canadienne pour les personnes en situation de handicap, ce mardi !

Le mouvement Le handicap sans pauvreté (HSP), un mouvement populaire national regroupant des personnes handicapées, se réjouit du fait qu’à la rentrée parlementaire, le mardi 20 septembre, le premier point à l’ordre du jour sera la deuxième lecture du projet de loi C‑22, la proposition de loi sur la Prestation canadienne pour les personnes handicapées (PCPH), dirigée par la ministre Carla Qualtrough.

Cette législation-cadre charge la bureaucratie de finaliser les règlements visant à mettre en œuvre un supplément de revenu pour les personnes en situation de handicap vivant dans la pauvreté, et le mouvement HSP veut que cela soit accéléré.

La pauvreté est souvent invisible ou quelque chose que les Canadiens considèrent comme un problème dans les pays étrangers. Michelle Hewitt, une universitaire qui vit avec la sclérose en plaques, copréside le mouvement HSP et entend de nombreuses histoires de personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts et qui se demandent si l’aide médicale à mourir est la solution. « Nous avons une crise de pauvreté dans ce pays. Plus de 41 % des personnes touchées sont des personnes en situation de handicap. On ne peut plus l’ignorer dans un pays comme le nôtre », déclare-t-elle.

Rabia Khedr, directrice nationale du mouvement HSP, qui est aveugle et a des frères handicapés, se souvient d’une interaction récente qui l’a vraiment touchée en tant que défenseur des droits de la personne. W s’est approché d’elle dans son fauteuil roulant pour lui demander si elle et son ami pouvaient lui acheter le spécial ailes de poulet de Costco en échange de ses billets de bus. Elle s’est sentie en colère face à cette situation car tout ce qu’il voulait, c’était un repas qu’il ne pouvait pas se permettre alors que tout le monde achetait de la nourriture en gros.

« J’implore tous les députés de mettre leur partisanerie de côté, d’oublier les postures politiques et les tactiques de performance. S’il vous plaît, faites en sorte que cette prestation devienne rapidement une loi et donnez aux personnes en situation de handicap l’argent dont elles ont besoin pour des choses que nous considérons comme allant de soi, comme les analgésiques en vente libre et la nourriture », déclare Khedr.

Luca Patuelli, également connu sous le nom de Lazylegz, danseur handicapé et co-président du mouvement HSP, nous rappelle que « tout le monde veut avoir un sentiment d’indépendance, que ce soit en travaillant et/ou en se sentant productif. Certains peuvent avoir besoin d’aménagements. Par exemple, certaines personnes ne peuvent pas travailler suffisamment d’heures ou pas du tout en raison de leur handicap, et d’autres ne comprennent pas le concept de travail en raison de leur handicap. Cependant, tout le monde mérite de vivre dans la dignité ».

« Tout le monde devrait pouvoir payer ses besoins fondamentaux grâce à son emploi ou à son entreprise. Lorsqu’il ne le peut pas, le système devrait l’aider. Les personnes vivant dans la pauvreté dépenseront tout l’argent qu’elles ont sur ce dont elles ont besoin, et non pas l’économiser pour devenir riche ou autre. Les seuils de pauvreté dans tout le pays sont supérieurs à 2 000 $ et les revenus provinciaux sont bien inférieurs à ce montant. Nous sommes très contents que ce projet de loi soit enfin au Parlement. Allons jusqu’au bout pour que les gens puissent avoir la PCPH en 2023 », déclare Guillaume Parent, membre du groupe de leadership du mouvement HSP et directeur du Centre d’expertise finance et handicap du Finautonome.

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Publié le 06 septembre 2022