Mémoire du milieu communautaire sur l’entente Ville-MESS (Alliances pour la solidarité)

Le 31 mars 2023, l’entente quinquennale des Alliances pour la solidarité arrivait à échéanceConclues entre le gouvernement du Québec et des instances municipales (villes ou MRC) dans le cadre du Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale (PAGIEPS 2017 – 2023), elles soutiennent financièrement des initiatives communautaires en matière de lutte à la pauvreté.

Ce mémoire s’inscrit dans le cadre des consultations menées par le Service de la diversité et de l’inclusion sociale (SDIS) en vue du renouvellement de l’entente Ville-MESS. Il pave également la voie aux consultations annoncées par la ministre de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire.

Les positionnements rapportés dans ce document font écho au mémoire collectif (2020) présenté dans le cadre de la consultation en vue d’une Politique montréalaise pour l’action communautaire (PMAC) adoptée par la Ville de Montréal en juin 2021. C’est d’ailleurs en tant que représentants du milieu communautaire siégeant au comité de suivi de la PMAC que le Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS) et le Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM) ont organisé, avec la participation et le soutien de plusieurs regroupements sectoriels montréalais, une rencontre de consultation sur l’entente Ville-MESS/Alliances pour la solidarité à Montréal le 14 février dernier. Les recommandations concernant le fonctionnement de ce programme de financement sont donc issues des expériences rapportées par les groupes et regroupements.

Cette rencontre a permis de réunir des groupes de base, des regroupements et concertations de différents secteurs d’activités et quartiers variés, incluant neuf regroupements montréalais d’action communautaire autonome (ACA) : la Coalition pour le maintien dans la communauté (COMACO), DéPhy Montréal (Regroupement des organismes en déficience physique de l’île de Montréal), le Regroupement des organismes communautaires Famille de Montréal (ROCFM), le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), le Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM), le Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS), la Table des groupes de femmes de Montréal (TGFM), la Table des organismes montréalais de lutte contre le sida (TOMS) et la Table régionale des organismes volontaires d’éducation populaire (TROVEP).

Il est important de rappeler que les organismes communautaires sont les mieux placés pour comprendre les réalités de leurs participants et participantes, les personnes directement concernées par les actions, souvent des personnes en situation de pauvreté, vulnérabilisées et marginalisées. De la même façon, les regroupements d’organismes portent la voix des groupes communautaires. C’est pourquoi nous avons opté pour la tenue d’une assemblée de ces groupes et regroupements, afin de dégager des positions collectives inclusives et solidaires. C’est la valeur ajoutée des rencontres délibératives par opposition aux sondages, qui collectent la somme des positions individuelles. Des thématiques étaient proposées afin de récolter des exemples de difficultés et de bons coups dans différents quartiers montréalais et au niveau régional. Parmi celles-ci : la répartition régionale et locale, le processus de demandes (critères de sélection, formulaires, etc.), la reddition de comptes, les grandes priorités régionales. Plusieurs autres éléments ont aussi été abordés par les participant.es au cours des discussions collectives. 

Une variété de groupes a ainsi pu participer à cette consultation : des organismes dont plusieurs projets sont financés par différents arrondissements, des organismes financés dans différents programmes régionaux, des groupes qui peinent à décrocher un financement dans le cadre de cette enveloppe, etc.

Nous avons pris en considération la participation des groupes les plus précaires, ayant peu de ressources financières et dont la participation aux consultations est plus difficile. C’est pourquoi nous avons relaté à l’assemblée leurs expériences portées à notre attention au cours des dernières années.

Nos consultations ont été menées parallèlement à celles de la Coalition montréalaise des Tables de quartier (CMTQ) qui, en tant que concertations multiréseaux incluant des institutions, sont partie prenante de la gestion de l’enveloppe Ville-MESS. Pour notre part, nos consultations visent exclusivement les groupes d’action communautaire, qui sont les porteurs des initiatives financées et les porte-voix des personnes en situation de pauvreté, et donc des personnes directement concernées.

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