Mobilisation nationale pour l’application des droits des personnes handicapées

Le 15 mai 2025, une importante mobilisation citoyenne a eu lieu à Paris, à l’initiative de l’association APF France handicap. Cet événement a rassemblé plus de 2000 personnes en situation de handicap venues de toutes les régions. L’objectif : dénoncer l’application encore très partielle de la loi française du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », une loi phare qui devait notamment garantir l’accessibilité universelle, le droit à la compensation, l’intégration scolaire, et l’accès à l’emploi. Vingt ans après son adoption, les personnes concernées estiment que leurs droits demeurent largement théoriques.

Cette loi, souvent comparée à la Loi canadienne sur l’accessibilité ou à la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées du Québec, prévoyait notamment que tous les lieux publics et les transports deviennent accessibles dans un délai de dix ans. Or, ce délai a été repoussé à plusieurs reprises, au moyen de dérogations, et de nombreux services demeurent inaccessibles en 2025. Les manifestants dénoncent ce qu’ils qualifient « d’apartheid social », c’est-à-dire un système où l’exclusion des personnes handicapées persiste malgré les lois.

Des témoignages recueillis sur place illustrent des obstacles très concrets : Flore, malvoyante, déplore l’impossibilité d’utiliser les transports publics, trop peu adaptés ; Jocelyn, diplômé, n’arrive pas à obtenir un emploi dans son domaine ; Pierre-Louis, venu de Corse, réclame l’égalité d’accès aux services sur l’ensemble du territoire.

L’APF France handicap appelle à inscrire le handicap dans la Constitution française, à éliminer les barrières d’âge pour l’accès aux mesures de compensation, et à imposer la mise en accessibilité intégrale des logements neufs et des transports.

Les mobilisations du 15 mai ont été précédées d’événements dans une soixantaine de villes et ont été soutenues par d’autres associations, y compris hors du champ du handicap. À travers le mot d’ordre « Liberté, égalité, accessibilité », les participants ont voulu rappeler que l’accessibilité n’est pas un privilège, mais un droit fondamental. Pour les militants, il s’agit de faire en sorte que les droits inscrits dans la loi soient enfin appliqués dans la réalité.

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Publié le 16 mai 2025