Réseau de la santé saturé & Proches aidants

Le manque de places en centres de réadaptation et d’hébergements participe à l’engorgement des hôpitaux.

Nouvelle directive

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) veut réduire de façon draconienne, dans la grande région de Montréal, le nombre de patients qui ne requièrent pas de soins de courte durée, mais qui demeurent à l’hôpital faute de places en hébergement.

Le gouvernement compte notamment sur les proches aidants pour atteindre cette cible : « Une des stratégies consiste à faire des ententes avec les proches aidants à l’effet que leur proche sera hébergé d’ici 2 – 3 semaines, mais que, dans l’intervalle, leur collaboration est requise ».

Le Dr Hoang Duong, président de l’Association des spécialistes en médecine interne du Québec, estime qu’il est « probablement mieux » que les patients attendent leur place d’hébergement à domicile plutôt qu’en centre hospitalier. « Mais encore faut-il que l’hôpital respecte ses engagements, c’est-à-dire que s’il promet aux patients, et surtout à leurs proches aidants, un soutien accru de soins à domicile, il faut qu’une fois à la maison, ces patients-là bénéficient de ces soins », affirme le médecin. Les familles sont « souvent au bout du rouleau », indique-t-il.

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Ailleurs au Québec

Sortie d’hôpital : son cas n’était pas assez lourd pour « coter CHSLD », mais trop lourd pour les RPA. Parcours tragique d’une personne se situant dans cette zone grise des ressources d’hébergement. : Un patient encombrant (La Presse, 15 sep. 2022)

Ailleurs au Canada

Les patients hospitalisés en Ontario en attente de places en soins de longue durée pourront être transférés dans un foyer qui n’était pas celui de leur préférence à une distance allant jusqu’à 150 kilomètres, ou devront payer des frais de 400 $ par jour s’ils refusent : Ontario – Des patients hospitalisés pourront être transférés à 150 km de distance (La Presse, 14 sep. 2022)

Réadaptation

Faute de lits disponibles en réadaptation, des patients demeurent coincés dans les hôpitaux, contribuant bien malgré eux à engorger les urgences et les centres hospitaliers.

Dans la métropole, des lits en réadaptation sont fermés parce qu’il manque des médecins pour s’occuper des patients. Or, les besoins augmentent, note l’ergothérapeute de formation. Bien des aînés se sont déconditionnés depuis deux ans. 

De plus, les patients bougent moins à l’hôpital et risquent des complications ou un déconditionnement. « Quand ils arrivent en réadaptation, ça peut être plus long », souligne la Dre Zan.

Le MSSS mise sur la réadaptation intensive à domicile pour libérer des lits d’hôpitaux.

D’après la Dre Levitz, la pratique en réadaptation intensive est plus exigeante qu’il y a trente ans. Les patients obtiennent leur congé de l’hôpital plus vite et sont moins stables à leur arrivée dans les centres. « Ils sont beaucoup plus malades, dit-elle. C’est beaucoup plus de travail. » Combiner une telle tâche, avec la prise en charge de patients en cabinet et une pratique aux urgences, apparaît « très difficile » à « beaucoup de médecins de famille », ajoute-t-elle.

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Publié le 10 septembre 2022