Améliorer et sécuriser l’environnement des piétonnes et piétons

Une équipe de recherche lance un site Web participatif francophone pour recueillir des données sur les obstacles à la marche et aux déplacements en fauteuil roulant

MONTRÉAL, le 28 sept. 2022 /CNW Telbec/ – La marche, en ville ou sur les chemins de campagne, peut-être une activité agréable, pourvu que vous puissiez la faire d’une manière sécuritaire. Des trottoirs en mauvais état, étroits ou inexistants, des rues achalandées ou bloquées par des travaux, des risques de collision avec un véhicule ou un vélo ; voilà autant d’obstacles auxquels se heurtent les usagers piétons et les personnes à mobilité réduite pour parvenir à leur destination. 

Dorénavant disponible en français, le site Web participatif OnMarcheOnRoule.org espère remédier à ces problèmes de mobilité piétonne et d’aménagement des espaces publics. Le site permet de recueillir des données par la participation de la population à travers le Canada sur les obstacles à la marche ou aux déplacements en fauteuil roulant sur les trottoirs, les rues, et les chemins.

Ce projet de recherche pancanadien a initialement été développé en anglais (WalkRollMap.org) par une équipe de l’Université de Victoria, en collaboration avec l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Université Simon Fraser, et l’Université Memorial. Il est financé par l’Agence de la santé publique du Canada.

Prendre le pouls de la population piétonne 

« Au Québec, à part les collisions, on n’a pas de données sur l’inconfort des personnes piétonnes ou sur les inadéquations des aménagements, et encore moins du point de vue des personnes à mobilité réduite », lance la professeure Marie-Soleil Cloutier, directrice du Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS et cochercheuse du projet et responsable du volet francophone. 

Cet outil de recherche participative a pour objectif de combler les lacunes laissées par les sources de données traditionnelles fournies. La chercheuse rappelle que les seules données accessibles proviennent des rapports de police ou d’hospitalisation.

« L’idée avec ce projet est d’aller au-delà des chiffres liés aux collisions et aux chutes, et de prendre le pouls de la population piétonne sur leurs environnements de marche, que ce soient des personnes âgées à mobilité réduite, des familles avec des jeunes enfants en poussettes, ou des personnes seules. Nous souhaitons joindre un grand nombre de participants afin de nous servir des données recueillies sur OnMarcheOnRoule.org en complémentarité avec celles déjà existantes », explique la chercheuse spécialisée en sécurité routière qui dirige le Laboratoire piétons et espace urbain (LAPS).

Un projet similaire sur la sécurité à vélo existe depuis 2014 sous la direction de Trisalyn Nelson, professeure de géographie à l’Université de Californie à Santa Barbara et la créatrice de WalkRollMap.org. Le projet montre que les données obtenues par la participation de la population comblent les lacunes dans notre compréhension des causes des obstacles à la pratique du vélo. 

« La plupart des gens connaissent les points problématiques sur leurs propres itinéraires et OnMarcheOnRoule.org permettra une prise de décision éclairée avec cette connaissance locale », explique la chercheuse qui est aussi professeure associée à l’Université de Victoria.

La mobilité piétonne : un enjeu à travers le Canada

Les utilisatrices et utilisateurs du site OnMarcheOnRoule.org, à travers le Canada, peuvent cartographier trois types de « rapports », tous en lien avec les déplacements à pied/en fauteuil roulant : un danger ou une préoccupation ; une commodité manquante ; ou un incident (collision, chute ou quasi-collision). Une série de questions sont ensuite posées à la participante ou au participant qui a déposé un marqueur de localisation sur la carte concernant cet évènement.

Le processus est anonyme, mais des détails démographiques, tels que l’année de naissance, l’identité de genre et l’origine ethnique sont colligés pour mieux comprendre qui sont les participants. En effet, les personnes peuvent vivre différemment la sécurité et le bien-être de leur environnement en fonction de leur âge, leur sexe ou du groupe ethnique auquel elles s’identifient. Comme la teneur des obstacles peut différer pour les personnes en situation de handicap, cette information est également recueillie. La professeure Cloutier insiste sur l’importance de l’accessibilité universelle et l’approche inclusive du projet qui permettra de colliger de nouvelles données jusqu’alors inexistantes.

« Il y a plusieurs enjeux au Québec, mais l’insécurité pour les personnes piétonnes est la même partout. Ces données de recherche seront mises à la disposition des villes, des organismes citoyens ou des autres partenaires qui voudraient les utiliser pour aider à améliorer l’environnement piétonnier des communautés », conclut la professeure Cloutier.

Publié le 28 septembre 2022
Par Institut National de la recherche scientifique (INRS)